Applied AI · IntermĂ©diaire 🟡 · Session 6
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Guide Professeur — Session 6 : La boucle agentique

Programme : Applied AI — Niveau IntermĂ©diaire Instructeur : Yann Isola DurĂ©e : 2 heures (120 minutes) Module couvert : Module 4 — Partie 1 (La boucle agentique)


1. Vue d’ensemble de la session

Objectifs pédagogiques

À la fin de cette session, chaque participant doit ĂȘtre capable de :

  1. Distinguer chatbot et agent : un chatbot produit une rĂ©ponse puis s’arrĂȘte ; un agent boucle — il enchaĂźne des actions jusqu’à ce que la tĂąche soit accomplie.
  2. DĂ©rouler la boucle agentique : percevoir → rĂ©flĂ©chir → agir → observer → recommencer, et savoir situer chaque Ă©tape dans un exemple concret.
  3. Énoncer la distinction clĂ© : c’est l’agent qui dĂ©cide quand il a terminĂ© (le chatbot, lui, s’arrĂȘte mĂ©caniquement aprĂšs une rĂ©ponse).
  4. Relier les outils Ă  la boucle : l’appel d’outil (tool calling, vu en Session 5) est l’étape « agir » — les outils sont les mains de l’agent.
  5. Expliquer la planification : le modĂšle dĂ©compose un objectif en sous-Ă©tapes avant d’agir, et peut rĂ©viser ce plan en cours de route.
  6. DĂ©crire la mĂ©moire de travail d’un agent : l’historique de conversation et le bloc-notes (scratchpad) servent de mĂ©moire pendant une exĂ©cution.
  7. Lister les garde-fous indispensables : nombre maximal d’itĂ©rations, plafond budgĂ©taire, points de contrĂŽle humains (human-in-the-loop, littĂ©ralement « humain dans la boucle »).
  8. DĂ©crire la rĂ©cupĂ©ration d’erreur : un outil Ă©choue → le modĂšle lit le message d’erreur → adapte sa stratĂ©gie → rĂ©essaie diffĂ©remment.
  9. Savoir quand NE PAS utiliser un agent : si un seul prompt suffit, un agent est de la sur-ingénierie (coût, latence, risques inutiles).

Prérequis

Matériel nécessaire

Message central de la session

« Un agent, c’est un modĂšle de langage dans une boucle, avec des outils, et le droit de dĂ©cider quand il a fini. Tout le reste — planification, mĂ©moire, garde-fous — existe pour que cette boucle soit utile et sĂ»re. »

RĂ©pĂ©tez cette idĂ©e au moins trois fois pendant la session, sous des formes diffĂ©rentes. Un participant qui ne retient que cette phrase repart avec l’essentiel.

Fil conducteur narratif

Toute la session s’appuie sur un seul exemple filĂ© : TripDesk, un agent de rĂ©servation de voyages. Sa mission type :

« Trouve-moi un vol Paris → Lisbonne la semaine du 14, compatible avec mon agenda, rĂ©serve-le et envoie-moi la confirmation. »

Ses outils : 🔍 chercher_vols (recherche de vols), 📅 consulter_agenda (lecture du calendrier de l’utilisateur), ✈ reserver_vol (rĂ©servation — action irrĂ©versible !), ✉ envoyer_confirmation (courriel de confirmation).

TripDesk sert Ă  illustrer chaque concept : la boucle, la planification, la mĂ©moire, les garde-fous (le point de contrĂŽle humain avant reserver_vol), la rĂ©cupĂ©ration d’erreur (un vol complet → l’agent cherche une alternative). La rĂ©pĂ©tition du mĂȘme exemple ancre les concepts.


2. Déroulé minute par minute

Horaire Durée Séquence Support
0:00 – 0:05 5 min Accueil, rappel Session 5 (tool calling), objectifs Slides 1–3
0:05 – 0:20 15 min SĂ©quence A — Du chatbot Ă  l’agent Slides 4–7
0:20 – 0:40 20 min SĂ©quence B — La boucle agentique (percevoir → rĂ©flĂ©chir → agir → observer) Slides 8–12 + visualiseur
0:40 – 0:55 15 min SĂ©quence C — DĂ©mo guidĂ©e TripDesk pas Ă  pas Webpage (visualiseur)
0:55 – 1:05 10 min ☕ Pause —
1:05 – 1:20 15 min SĂ©quence D — Planification & mĂ©moire de travail Slides 13–17
1:20 – 1:35 15 min SĂ©quence E — Garde-fous & rĂ©cupĂ©ration d’erreur Slides 18–22
1:35 – 1:45 10 min SĂ©quence F — Quand NE PAS utiliser un agent (arbre de dĂ©cision) Slides 23–25 + webpage
1:45 – 1:55 10 min Exercice flash en binîmes (Exercice 1 de la feuille) Exercices
1:55 – 2:00 5 min Quiz express (5 questions à l’oral), exit tickets, annonce Session 7 Quiz + slides 26–28

⏱ Marge de sĂ©curitĂ© : si vous prenez du retard, la SĂ©quence F peut ĂȘtre compressĂ©e Ă  5 minutes (l’arbre de dĂ©cision est aussi dans la webpage, que les participants peuvent explorer chez eux). Ne sacrifiez jamais la SĂ©quence C (dĂ©mo TripDesk) : c’est le moment oĂč « ça clique ».


3. Notes détaillées par séquence

SĂ©quence A — Du chatbot Ă  l’agent (15 min)

Objectif : faire Ă©merger la dĂ©finition d’un agent par contraste avec ce que les participants connaissent dĂ©jĂ .

Accroche (2 min). Posez la question : « Quand vous demandez Ă  ChatGPT de vous rĂ©server un vol, que se passe-t-il ? » RĂ©ponse attendue : il explique comment faire, ou il invente une rĂ©servation. Il ne la fait pas. Pourquoi ? Parce qu’un chatbot fonctionne en un tour : une question → une rĂ©ponse → stop.

Le contraste fondamental (8 min). Écrivez au tableau, en deux colonnes :

Chatbot Agent
Un tour : question → rĂ©ponse → stop Une boucle : agit tant que la tĂąche n’est pas finie
S’arrĂȘte mĂ©caniquement aprĂšs sa rĂ©ponse DĂ©cide lui-mĂȘme quand il a terminĂ©
Produit du texte Produit des actions (via des outils) + du texte
Aucun effet sur le monde Peut modifier le monde (réserver, écrire, envoyer)
Erreur = rĂ©ponse fausse Erreur = action ratĂ©e → il peut se rattraper

Point d’insistance : la ligne 2 est LA distinction conceptuelle. Un chatbot s’arrĂȘte parce que c’est son architecture. Un agent s’arrĂȘte parce qu’il Ă©value que l’objectif est atteint. Le contrĂŽle du « quand c’est fini » passe du code au modĂšle. C’est puissant — et c’est exactement pour ça qu’il faut des garde-fous (teaser de la SĂ©quence E).

Analogie qui fonctionne bien (3 min). Le chatbot est un consultant au tĂ©lĂ©phone : il vous dit quoi faire, puis raccroche. L’agent est un assistant personnel : vous lui confiez la mission, il passe les appels, compare, rĂ©serve, et revient vers vous quand c’est fait — ou quand il a besoin de votre accord.

PiĂšge Ă  dĂ©samorcer (2 min). Certains participants croient qu’un agent est « un autre modĂšle », plus intelligent. Non : c’est souvent exactement le mĂȘme modĂšle (Claude, GPT, etc.), placĂ© dans une architecture diffĂ©rente — une boucle avec des outils. L’agentivitĂ© est une propriĂ©tĂ© du systĂšme, pas du modĂšle seul.


SĂ©quence B — La boucle agentique (20 min)

Objectif : que chaque participant sache dessiner et commenter le cycle percevoir → rĂ©flĂ©chir → agir → observer.

Le cycle (10 min). Dessinez le cycle au tableau (ou projetez le slide 9) :

        ┌──────────────┐
   ┌───▶│ 1. PERCEVOIR │  (lire la mission, le contexte, les rĂ©sultats prĂ©cĂ©dents)
   │    └──────┬───────┘
   │           â–Œ
   │    ┌──────────────┐
   │    │ 2. RÉFLÉCHIR │  (raisonner : oĂč en suis-je ? que faire ensuite ?)
   │    └──────┬───────┘
   │           â–Œ
   │    ┌──────────────┐
   │    │ 3. AGIR      │  (appeler un outil — les « mains » de l'agent)
   │    └──────┬───────┘
   │           â–Œ
   │    ┌──────────────┐
   └────│ 4. OBSERVER  │  (lire le rĂ©sultat de l'outil : succĂšs ? erreur ? donnĂ©es ?)
        └──────────────┘
              │
              ▌  (si l'objectif est atteint)
         TERMINÉ — l'agent le dĂ©cide lui-mĂȘme

Commentez chaque étape avec TripDesk :

  1. Percevoir : TripDesk lit la mission (« vol Paris–Lisbonne semaine du 14, compatible agenda, rĂ©server, confirmer ») et tout ce qu’il sait dĂ©jĂ .
  2. RĂ©flĂ©chir : « Je ne connais ni les vols disponibles ni l’agenda. Je commence par chercher les vols. »
  3. Agir : appel de l’outil chercher_vols(origine="CDG", destination="LIS", semaine="2026-07-14"). Rappel Session 5 : le modĂšle demande l’appel, c’est votre code qui l’exĂ©cute.
  4. Observer : l’outil renvoie 3 vols. TripDesk lit ce rĂ©sultat
 et la boucle repart : percevoir (nouvel Ă©tat), rĂ©flĂ©chir (« maintenant, vĂ©rifier l’agenda »), agir (consulter_agenda), observer


Lien explicite avec la Session 5 (5 min). Insistez : « Vous connaissez dĂ©jĂ  l’étape 3 ! L’appel d’outil de la Session 5, c’est exactement le “agir” de la boucle. Ce qui est nouveau, c’est qu’on enchaĂźne les tours au lieu de s’arrĂȘter aprĂšs un seul. » Les outils sont les mains de l’agent ; sans outils, la boucle rĂ©flĂ©chit dans le vide — elle ne peut rien faire d’autre que parler.

Vocabulaire (3 min). Introduisez les termes anglais que les participants croiseront partout : agentic loop (boucle agentique), reasoning (raisonnement, l’étape « rĂ©flĂ©chir »), tool call (appel d’outil), observation (le rĂ©sultat renvoyĂ©). Mentionnez que certains frameworks appellent ce motif « ReAct » (Reasoning + Acting, raisonner + agir) — pas besoin d’entrer dans le dĂ©tail acadĂ©mique, c’est le mĂȘme cycle.

Question de contrĂŽle (2 min). « Dans la boucle, qui exĂ©cute rĂ©ellement l’appel d’outil ? » RĂ©ponse attendue (acquis Session 5) : le code de l’application, jamais le modĂšle. Si moins de la moitiĂ© de la salle rĂ©pond juste, refaites un rappel de 2 minutes.


SĂ©quence C — DĂ©mo guidĂ©e TripDesk (15 min)

Objectif : voir la boucle tourner, itération par itération.

Ouvrez webpage/index.html, section « Visualiseur de boucle ». Le scĂ©nario TripDesk y est simulĂ© en 5 itĂ©rations, chacune dĂ©composĂ©e en percevoir / rĂ©flĂ©chir / agir / observer. Avancez avec le bouton « Étape suivante » et commentez Ă  voix haute chaque Ă©tape :

Trois choses Ă  faire remarquer explicitement :

  1. Le compteur d’itĂ©rations et le compteur de budget en haut du visualiseur — teaser des garde-fous (SĂ©quence E).
  2. Le panneau « bloc-notes » (scratchpad) qui s’enrichit Ă  chaque itĂ©ration — teaser de la mĂ©moire (SĂ©quence D).
  3. Le moment final oĂč l’agent dĂ©clare « objectif atteint » : personne ne l’a arrĂȘtĂ©, il l’a dĂ©cidĂ© — la boucle sur la distinction clĂ© de la SĂ©quence A.

Si le temps le permet, laissez 3 minutes aux binĂŽmes pour rejouer la simulation eux-mĂȘmes.


SĂ©quence D — Planification & mĂ©moire de travail (15 min)

Objectif : comprendre comment l’agent structure son travail avant et pendant la boucle.

Planification (8 min). Avant d’agir, un bon agent dĂ©compose l’objectif en sous-Ă©tapes. Pour TripDesk :

Objectif : rĂ©server un vol Paris–Lisbonne compatible agenda
Plan :
  1. Chercher les vols disponibles la semaine du 14
  2. Consulter l'agenda pour identifier les conflits
  3. Sélectionner le meilleur vol sans conflit
  4. Demander validation Ă  l'utilisateur
  5. Réserver
  6. Envoyer la confirmation

Deux points d’insistance :

MĂ©moire de travail (7 min). Question Ă  la salle : « Entre l’itĂ©ration 1 et l’itĂ©ration 4, comment TripDesk se souvient-il des 3 vols trouvĂ©s ? » RĂ©ponse : tout est dans l’historique de conversation. Chaque appel d’outil et chaque rĂ©sultat sont ajoutĂ©s au contexte ; Ă  chaque itĂ©ration, le modĂšle relit l’ensemble. C’est sa mĂ©moire de travail — on parle aussi de scratchpad (bloc-notes).

Conséquences pratiques à énoncer :

Analogie : le bloc-notes d’un enquĂȘteur pendant une affaire. Tout y est notĂ© (indices, pistes Ă©cartĂ©es, prochaines actions) ; il le relit avant chaque dĂ©cision ; et il ouvre un bloc-notes neuf Ă  la prochaine affaire.


SĂ©quence E — Garde-fous & rĂ©cupĂ©ration d’erreur (15 min)

Objectif : comprendre que l’autonomie sans limites est un dĂ©faut de conception, pas une prouesse.

Pourquoi des garde-fous (3 min). Rappelez la distinction clĂ© : l’agent dĂ©cide quand il a fini. Et s’il ne finit jamais ? Et s’il se trompe d’objectif ? Un agent sans limites peut : boucler Ă  l’infini (et brĂ»ler du budget d’API Ă  chaque itĂ©ration), entreprendre des actions irrĂ©versibles Ă  tort, dĂ©river loin de la mission. Les garde-fous ne bride pas l’agent : ils rendent son autonomie acceptable.

Les trois garde-fous canoniques (7 min). Au tableau :

Garde-fou Ce que c’est Exemple TripDesk
ItĂ©rations max Nombre maximal de tours de boucle avant arrĂȘt forcĂ© 15 itĂ©rations, sinon abandon avec rapport
Plafond budgĂ©taire Limite de coĂ»t (jetons/appels d’API) ou de temps ⚠ p. ex. 0,50 € d’API par mission (ordre de grandeur : les prix des API Ă©voluent)
Point de contrĂŽle humain (human-in-the-loop) L’agent DOIT demander validation avant certaines actions Toujours avant reserver_vol (paiement, irrĂ©versible)

RĂšgle pratique Ă  faire noter : toute action irrĂ©versible ou coĂ»teuse passe par un humain. Lire des vols : autonome. Payer un billet : validation. C’est le prolongement direct du principe du moindre privilĂšge vu en Session 5.

RĂ©cupĂ©ration d’erreur (5 min). DĂ©roulez le motif en 4 temps, avec l’échec de rĂ©servation de la dĂ©mo :

  1. L’outil Ă©choue : reserver_vol → {"erreur": "vol complet"} (avec le drapeau is_error de la Session 5).
  2. Le modĂšle lit l’erreur : le message d’erreur est renvoyĂ© dans le contexte, comme n’importe quel rĂ©sultat d’outil. D’oĂč l’importance de messages d’erreur explicites : « vol complet » permet d’adapter ; « erreur 500 » ne dit rien.
  3. Il adapte sa stratĂ©gie : inutile de rĂ©essayer le mĂȘme vol — il repart des rĂ©sultats de recherche et sĂ©lectionne l’alternative.
  4. Il réessaie différemment : nouvelle validation humaine, nouvelle réservation, succÚs.

Point d’insistance : la qualitĂ© de la rĂ©cupĂ©ration dĂ©pend de la qualitĂ© des messages d’erreur que vous Ă©crivez dans vos outils. Un agent robuste, ça se conçoit cĂŽtĂ© outils autant que cĂŽtĂ© modĂšle. Anti-motif Ă  nommer : l’agent qui rĂ©essaie Ă  l’identique en boucle — c’est prĂ©cisĂ©ment ce que le garde-fou d’itĂ©rations max vient arrĂȘter.


SĂ©quence F — Quand NE PAS utiliser un agent (10 min)

Objectif : vacciner contre la sur-ingĂ©nierie. C’est la sĂ©quence « esprit critique » de la session.

Le piĂšge (3 min). Les agents sont Ă  la mode ; le rĂ©flexe « mettons un agent partout » coĂ»te cher. Chaque itĂ©ration = un appel au modĂšle = coĂ»t + latence + un risque d’erreur supplĂ©mentaire. Si un seul prompt bien Ă©crit suffit, un agent est de la sur-ingĂ©nierie.

Exemples à trancher avec la salle (faites-les voter à main levée) :

L’arbre de dĂ©cision (5 min). Projetez l’arbre interactif de la webpage :

  1. La tĂąche exige-t-elle d’agir sur des systĂšmes externes ou de lire des donnĂ©es vivantes ? → Non : prompt simple (Ă©ventuellement avec RAG, Retrieval-Augmented Generation, gĂ©nĂ©ration augmentĂ©e par rĂ©cupĂ©ration).
  2. Un seul appel d’outil suffit-il, dans un ordre connu d’avance ? → Oui : tool calling simple (Session 5) ou un enchaĂźnement fixe codĂ© en dur (workflow).
  3. Le nombre d’étapes ou leur ordre dĂ©pend-il des rĂ©sultats intermĂ©diaires ? → Oui : agent.
  4. Bonus : le coĂ»t de l’erreur est-il Ă©levĂ© ? → Ajoutez des points de contrĂŽle humains.

Formule Ă  faire noter : « Prompt < outil unique < workflow fixe < agent. Prenez toujours l’arme la plus simple qui accomplit la mission. »

Passage en revue (2 min). Faites classer 2–3 cas proposĂ©s par les participants eux-mĂȘmes (leurs contextes mĂ©tier). C’est souvent le moment le plus riche de la session.


ClĂŽture (5 min)


4. Questions fréquentes des participants (et réponses)

« Un agent, c’est un modĂšle diffĂ©rent d’un chatbot ? » Non. Souvent le mĂȘme modĂšle exactement. La diffĂ©rence est architecturale : boucle + outils + critĂšre d’arrĂȘt dĂ©cidĂ© par le modĂšle. L’agentivitĂ© est une propriĂ©tĂ© du systĂšme.

« Comment l’agent sait-il qu’il a fini ? » À chaque itĂ©ration, le modĂšle relit la mission et l’état courant, et Ă©value si l’objectif est atteint. ConcrĂštement : soit il rĂ©pond sans demander d’outil (fin naturelle de la boucle tool_use), soit il appelle un outil explicite de type terminer(rapport). C’est une Ă©valuation par le modĂšle — d’oĂč les garde-fous, car cette Ă©valuation peut ĂȘtre erronĂ©e.

« Et si l’agent boucle Ă  l’infini ? » C’est exactement le rĂŽle du garde-fou d’itĂ©rations max : arrĂȘt forcĂ© + rapport de ce qui a Ă©tĂ© fait. En pratique, on journalise aussi chaque itĂ©ration pour diagnostiquer pourquoi il tournait en rond (souvent : un message d’erreur d’outil trop vague, ou une mission ambiguĂ«).

« L’agent peut-il dĂ©penser de l’argent sans autorisation ? » Seulement si vous l’avez conçu ainsi — et c’est une faute de conception. Toute action irrĂ©versible ou coĂ»teuse doit passer par un point de contrĂŽle humain. Rappel Session 5 : c’est votre code qui exĂ©cute les appels ; c’est donc votre code qui impose la validation.

« La planification, c’est une fonctionnalitĂ© de l’API ? » Non, c’est un comportement du modĂšle, gĂ©nĂ©ralement encouragĂ© par le prompt systĂšme (« Ă©tablis un plan avant d’agir ») et par les capacitĂ©s de raisonnement du modĂšle. Le plan vit dans le contexte, comme le reste. ⚠ Certaines plateformes ajoutent des mĂ©canismes dĂ©diĂ©s (modes de raisonnement Ă©tendu, planificateurs intĂ©grĂ©s) — le paysage Ă©volue vite.

« Combien d’itĂ©rations, c’est normal ? » ⚠ Ordre de grandeur, trĂšs dĂ©pendant de la tĂąche : 3 Ă  10 itĂ©rations pour une tĂąche type TripDesk ; des agents de dĂ©veloppement logiciel peuvent en faire des dizaines. Au-delĂ  de ce que vous aviez estimĂ©, c’est un signal d’inspection, pas forcĂ©ment une panne.

« Quelle diffĂ©rence entre un workflow et un agent ? » Un workflow enchaĂźne des Ă©tapes fixĂ©es Ă  l’avance par le dĂ©veloppeur (Ă©tape 1 puis 2 puis 3). Un agent choisit lui-mĂȘme ses Ă©tapes et leur ordre en fonction des rĂ©sultats. Le workflow est plus prĂ©visible et moins cher ; l’agent est plus flexible. Beaucoup de « faux agents » en production sont en rĂ©alitĂ© des workflows — et c’est trĂšs bien ainsi.


5. PiÚges pédagogiques à éviter

  1. Passer trop vite sur la SĂ©quence A. Si la distinction « l’agent dĂ©cide quand il a fini » n’est pas ancrĂ©e, tout le reste flotte.
  2. Faire la dĂ©mo TripDesk sans commenter les Ă©tapes internes. Le visualiseur montre percevoir/rĂ©flĂ©chir/agir/observer Ă  chaque itĂ©ration : verbalisez-les systĂ©matiquement, sinon les participants ne voient qu’une succession de rĂ©sultats.
  3. Présenter les garde-fous comme optionnels. Non : itérations max + budget + validation humaine des actions irréversibles = le kit minimal de tout agent en production.
  4. Glorifier les agents. La SĂ©quence F existe pour ça. Un formateur crĂ©dible est celui qui dit quand ne pas utiliser la technologie qu’il enseigne.
  5. Laisser croire que la mĂ©moire de travail est persistante. Elle disparaĂźt Ă  la fin de l’exĂ©cution — dites-le explicitement, la confusion est frĂ©quente.

6. Exit tickets (5)

À distribuer sur papier ou formulaire dans les 5 derniĂšres minutes. Une phrase de rĂ©ponse suffit.

  1. En une phrase : quelle est LA diffĂ©rence entre un chatbot et un agent ? (Attendu : le chatbot s’arrĂȘte aprĂšs une rĂ©ponse ; l’agent boucle et dĂ©cide lui-mĂȘme quand la tĂąche est accomplie.)

  2. Citez les 4 Ă©tapes de la boucle agentique, dans l’ordre. (Attendu : percevoir → rĂ©flĂ©chir → agir → observer, puis on recommence.)

  3. Citez deux garde-fous que vous imposeriez Ă  un agent qui peut effectuer des paiements. (Attendu, deux parmi : validation humaine avant paiement, plafond budgĂ©taire, nombre max d’itĂ©rations, journalisation.)

  4. Un outil renvoie « erreur : vol complet ». Que fait un agent bien conçu ? (Attendu : il lit l’erreur, adapte sa stratĂ©gie — p. ex. choisit un autre vol — et rĂ©essaie diffĂ©remment ; il ne rĂ©essaie pas Ă  l’identique.)

  5. Donnez un exemple de tĂąche pour laquelle utiliser un agent serait de la sur-ingĂ©nierie, et dites pourquoi. (Attendu : toute tĂąche en un coup — rĂ©sumĂ©, traduction, question mĂ©tĂ©o simple — car un prompt ou un appel d’outil unique suffit : moins cher, plus rapide, moins risquĂ©.)


7. Pont vers la suite